Critique (du délire)

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Le nom « critique » dérive du grec krisis (comme « crise ») et désigne l’examen d’un principe, d’un fait, en vue de porter sur lui un jugement d’appréciation.

Chez Kant, la critique est la forme de la pensée rationnelle qui examine un autre produit de la pensée afin de le juger. C’est cette capacité de retour de la raison sur elle-même qui assure la légitimité du jugement.

En psychiatrie, comme le remarque Eduardo Mahieu, il serait plus juste de parler non de « critique du délire », mais d’autocritique, ce qui ne va pas sans rappeler quelques exemples historiques malheureux :
- la pratique de l’aveu sous l’Inquisition,
- l’autocritique théorisée sous Staline,
- etc.
Toujours selon Eduardo, il y a dans ces pratiques « une confusion entre critique et autocritique qui aboutit curieusement à faire l'autocritique de l'autre ».
Toute proportion gardée, le mouvement est le même lorsque nous demandons au patient de reconnaître des troubles que nous avons définis sans lui.

Pour finir sur une note plus légère, une « astucieuse histoire de fou » rapportée par Racamier (L’Évolution Psychiatrique, 1957, 1, p. 51). Elle « met en scène un malade en voie de sortir et qu’un psychiatre rencontre traînant une brosse à dent au bout d’une ficelle. – Eh ! Que tirez-vous là ? demande l’homme de l’art. – Pardi, une brosse à dent, répond l’autre. – Bien, bien ! se réjouit le psychiatre en s’éloignant, cependant que l’homme, se retournant vers sa brosse : « T’a vu, Médor, on l’a bien eu ».


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