Zeltner L. et al. (2002) : Prise en charge de crise et enveloppe langagière

Référence : Zeltner L., Ampelas J.F. et al. (2002) : Prise en charge de crise et enveloppe langagière, Thérapie familiale, 23, 4, 357-366


Intérêt : chameau2           Difficulté : oursin2


Résumé :

A partir de l’expérience clinique acquise au sein de l’équipe E.R.I.C. cet article propose de définir comment l’institution, par sa fonction d’enveloppe langagière permet de limiter l’impacte traumatisant de la crise psychiatrique sur la famille. Cette enveloppe langagière par la requalification positive permet de restaurer la compétence des familles à porter la crise afin d’en diminuer le vécu traumatique. L’hypothèse admise étant le potentiel traumatique de cette crise, qui est d’autant plus élevé que les crises se répètent, avec le risque de burn out et de rupture du lien avec le patient source.

La crise est définie par la rupture de l’équilibre au sein du système composé par la famille. Par exemple, l’apparition d’un état psychiatrique aigu chez un membre de la famille peut être à l’origine d’une perturbation de cet équilibre notamment en attaquant les enjeux relationnels au sein du système.

L’objectif de la prise en charge de la crise psychiatrique est donc de soutenir les compétences familiales afin de préserver l’équilibre du système et de prévenir les crises ultérieures.

L’enveloppe langagière est caractérisée par sa multiplicité, sa malléabilité et sa discontinuité.

La multiplicité des intervenants soignants permet des éclairages nuancés sous-tendus par le postulat de la compétence de la famille et en dehors d’une recherche de vérité. Elle permet à la famille de vivre l’expérience de sa propre compétence à travers le respect des compétences propres à chaque intervenant et elle préserve le lien transférentiel ultérieur.

La malléabilité de l’enveloppe est définie par sa souplesse (de lieu d’intervention, du nombre de personne à contenir…) et par sa résistance qui est entretenue par l’enveloppe de l’institution.

La discontinuité de l’enveloppe en évitant l’instauration d’un lien de dépendance, favorise l’expérience par la famille de sa compétence propre dans le respect de sa responsabilité et de sa liberté à poursuivre ou non les soins.

Cette enveloppe langagière, portée par le binôme soignant en entretien, permet de soutenir la compétence familiale en restaurant la fonction de pare-excitation de la famille. Le binôme porteur est également porté par l’enveloppe de l’institution.


Commentaire :

Une lecture très originale du rôle de l'équipe dans l'intervention de crise, cherchant à intégrer approche systémique et perspective psychanalytique (notamment winnicottienne).


Texte intégral : disponible sur le site cairn.info à l'adresse http://www.cairn.info/revue-therapie-familiale-2002-4-page-357.htm