Goëb J.-L. et al. (2003) : Adolescence et évolution schizophrénique de psychoses infantiles

Référence : Goëb J.-L., Botbol M. et Golse B. (2003) : Adolescence et évolution schizophrénique de psychoses infantiles : particularités cliniques en comparaison de schizophrénies « de novo », La psychiatrie de l'enfant, 46, 1, p. 257-325


Intérêt : chameau3          Difficulté : oursin3


Résumé :

Le propos des auteurs est de distinguer parmi les tableaux de schizophrénie émergeant à l’adolescence, des dynamiques psychopathologiques différentes selon que le tableau apparaît chez des adolescents ayant présenté ou non dans la première enfance des éléments de psychose de l’enfant.
Sont considérés ici comme psychose infantile les troubles graves du développement précoce (autisme, dysharmonie psychotique), notamment les troubles cicatrisés dans lesquels l’accès au langage s’est développé.
Dans la schizophrénie cicatricielle (définie comme survenant après une symptomatologie psychotique de l’enfance) ce qui fait problème est la question de la séparation de l’objet primaire. La fonction du délire va être de colmater cette séparation douloureuse, l’investissement de la pensée sera parfois limité avec un appauvrissement de la vie psychique (avec l’hypothèse que les actions de représentation psychique d’objets internes et de symbolisation viennent marquer la séparabilité de l’objet). Le vécu contre transférentiel sera plutôt une menace d’aspiration. Le rapport au temps sera particulier avec une sensation de temps arrêté voire inexistant.
Dans la schizophrénie de novo, c’est au contraire le risque d’intrusion qui fait peur. La fonction du délire sera plutôt la mise à distance de l’objet et la lutte contre un rapprochement dangereux. La pensée pourra être également désinvestie, mais cette fois car tout savoir constitue une intrusion insupportable de l’objet dans une pensée trop perméable. Le vécu contre transférentiel sera plutôt à type de réaction de retrait tant l’hostilité du patient peut être grande. Quant au rapport au temps, il est vécu comme une collusion entre passé et futur, avec une peur d’un temps circulaire qui se répète. Après une première partie ou les auteurs reprennent et synthétisent des données sur le développement de l’enfant et ce qui fait défaut chez les enfants psychotiques ainsi que les enjeux psychopathologiques à l’adolescence, ils s’appuient sur l’analyse psychopathologique de quatre cas cliniques d’adolescents hospitalisés en soin-étude à la clinique Dupré pour développer leur thèse.
Ainsi émerge la notion de vulnérabilité psychopathologique si l’enfant a traversé une organisation pathologique psychotique dans l’enfance.


Commentaire :

L’intérêt de cet article repose dans l’attention portée à la dimension psychopathologique et dynamique des symptômes plus qu’à la sémiologie qui elle peut être sensiblement similaire dans les deux cas. La longueur de l’article est largement justifiée par la clarté de la synthèse sur les théories psychodynamiques de la première partie et la qualité clinique des observations rapportées !


Texte intégral : disponible sur le site cairn.info : http://www.cairn.info/revue-la-psychiatrie-de-l-enfant-2003-1-page-257.htm