Delage M. (2009) : Les pertes traumatiques dans la famille

Référence : Michel Delage (2009) : Les pertes traumatiques dans la famille. Abords conceptuels et thérapeutiques, Stress et Trauma, 9, 1, 27-34


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Résumé :

L’article se focalise sur les pertes traumatiques c'est-à-dire « un deuil qui s’inaugure dans la brutalité d’un évènement que les endeuillés n’ont pas pu anticiper »,  où le ou les endeuillés sont eux-mêmes victime directe de l’évènement.

Comment le thérapeute peut-il alors être – ou non – tuteur de résilience familiale ?

M. Delage traite de l’interaction entre la part individuelle du travail psychique dans le deuil et la part relationnelle. Il relève le « piège traumatique », « communauté de souffrance qui n’a pas besoin de se dire » et qui perdure au-delà du temps nécessaire, bloquant le processus de représentation (individuelle) et de communication (intersubjective).

Il propose trois registres de défense individuelle / collective : la fuite dans l’action, le déni, l’idéalisation / idolâtrie. Ceux-ci participent à « une vie relationnelle désorganisée », asséchée, où le travail de deuil est collectivement bloqué.

Les dysfonctionnalités familiales à risque de chronicisation ont comme conséquences : un laisser à l’abandon des jeunes enfants, une souffrance individuelle durable et solitaire, une transmission problématique du deuil traumatique à la génération suivante.

Delage définit le moyen terme (plusieurs mois à années) comme une période où le travail psychique est mobilisable avec comme but un rétablissement de la base de sécurité familiale nécessaire au travail de mentalisation.  L’activité mythique de la famille peut alors se poursuivre.

Il préconise de développer  « une clinique de l’offre », c'est-à-dire une proposition d’aide dans les 24-48h par un clinicien engagé dans une démarche d’aide.

Quelques guide-lines techniques  sont proposés pour faire repère.


Commentaire :

L’intérêt de cet écrit est de différencier la part individuelle de la part intersubjective du travail du deuil  traumatique et de préciser leur interaction. Il donne des repères cliniques pragmatiques. Sa tentative de distinction reste incomplète, inachevée, de même que la description de l’interrelation des deux niveaux. La lutte contre la confusion et le chaos généré par le trauma transparait dans l’écriture même. Le « on » est souvent employé.