Waddington A. et al. (2004) : ESPT. Un levier thérapeutique

Référence : Waddington A, Zeltner L et al. (2004) : Etat de stress post-traumatique. Un levier thérapeutique, L’Encéphale, 2004, 30, p.323-30


Intérêt : chameau3           Difficulté : oursin2


Résumé :

Les auteurs, en partant de la description de l’état de stress post-traumatique tel que défini dans le DSM, interrogent son aspect restrictif qui ne tient pas compte du caractère adaptatif des symptômes et du vécu subjectif des sujets.

A partir de ce constat, la question posée est celle de la manière dont peut être utilisée la dimension de trauma, non plus comme un état statué qui viendrait figer la réalité des possibles, mais comme un levier thérapeutique qui permettrait de :

- Reconnaître le vécu traumatique du sujet, la légitimité de ses symptômes qui constituent une modalité adaptative ;

- Introduire une lecture différente de manière à favoriser une nouvelle dynamique interactionnelle, à l’opposé de certains schémas relationnels « rigidifiés » fréquemment retrouvés entre les sujets et leurs environnements ;

- Etablir une collaboration avec le patient avec son entourage.

Cette relecture peut être particulièrement utile dans les contextes où les sujets se vivent comme victimes de leurs proches tout en les victimisant à leur tour, c’est-à-dire en leur faisant des demandes éternellement insatisfaites, aboutissant à un schéma relationnel où chacun se sent victime de l’autre.

Un tel scénario, rigidifié sur le mode d’un bras-de-fer, peut se résoudre grâce à un recadrage traumatique du vécu actuel du sujet, où celui-ci accède à une position de compétence et ne se vit plus comme victime ni ne victimise les autres. L’entourage accède également à une vision différente qui lui permet de verbaliser certaines émotions qui les rapprocheront du patient.


Commentaire :

L’intérêt de cet article est d’apporter une lecture différente face à certaines situations, fréquemment rencontrées, dans lesquelles s’est établi un bras-de-fer qui vient figer l’ensemble du système thérapeutique, et où les enjeux sont centrés autour de la dimension de contrôle / non contrôle. Le risque, pour le professionnel de santé, est alors d’être pris à son tour dans une situation où il faudrait prendre une décision pour exercer un contrôle, sachant que toute décision se fera forcément « aux dépens » de l’autre. Revenir sur le(s) événement(s) traumatique(s) permet de sortir d’un tel dilemme en offrant une lecture différente, levier d’un changement possible.

Une telle approche constitue, à notre sens, une réponse opérante possible parmi d’autres, dans la mesure où elle vient « élargir le champ des possibles » (Elkaïm). De la même manière, le risque serait de l’utiliser de manière systématisée, alors que c’est précisément dans le cadre d’un vécu partagé au sein d’un système thérapeutique en résonance qu’elle peut devenir opérante.