1992-07 : Circulaire du 30 juillet 1992

Circulaire n°39-92 DH PE/DGS 3 C du 30 juillet 1992

relative à la prise en charge des urgences psychiatriques


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On peut mesurer, à la lecture de ce texte, le chemin parcouru depuis la circulaire du 15 juin 1979. En effet, cette circulaire-ci inscrit la question de l'urgence psychiatrique non dans le cadre du secteur psychiatrique mais dans celui des dispositifs médicaux d'urgence, SAMU-centre 15 et services d'accueil des urgences. Devant le constat que "la grande majorité des urgences psychiatriques arrive dans les services d'urgences générales des centres hospitaliers", ces derniers sont considérés comme le "lieu d'accueil naturel de toutes les urgences", un "espace banalisé" où il est souvent possible de "dédramatiser des situations à composantes psychiatriques". Du coup, la place du secteur, et notamment des centre médicaux-psychologiques, plus périphérique, est avant tout envisagée dans son articulation au SAMU-centre 15, même s'il est rappelé que "les équipes psychiatriques doivent conseiller les personnes, familles et intervenants sociaux qui les sollicitent lorsqu'ils sont confrontés à une pathologie ou à une situation de crise".

Outre un court paragraphe consacré à l'intervention à domicile, cette circulaire présente un intérêt dans le choix des définitions retenues pour les notions d'urgence et de crise.

Pour l'urgence, deux perspectives complémentaires sont proposées :

- Celle des psychiatres, pour qui "l'urgence en psychiatrie est une demande dont la réponse ne peut être différée : il y a urgence à partir du moment où quelqu'un se pose la question, qu'il s'agisse du patient, de l'entourage ou du médecin; elle nécessite une réponse rapide et adéquate de l'équipe soignant afin d'atténuer le caractère aigu de la souffrance psychique".

- Celle des spécialistes de l'urgences qui distinguent l'urgence psychiatrique pure (par décompensation d'une affection psychiatrique lourde), les urgences psychiatriques mixtes (avec manifestations somatiques simultanées) et les états aigus transitoires (réactions émotionnelles intenses survenant sur un terrain psychologique vulnérable).

La crise située en amont de l'urgence, est conçue comme un état instable qui, en l'absence d'intervention appropriée, évolue quasi inéluctablement vers l'urgence. Elle est définie comme "une situation interactive conflictuelle impliquant le malade et son environnement (famille, voisins, milieu professionnel, médecin traitant, servces sociaux ou municipaux...)".