L'entretien familial en psychiatrie - 4

Avoir un but (et l’énoncer)

« Les séances qui se polarisent sur la prise de conscience des comportements et sur l’expression des sentiments tendent à devenir incohérentes, sans but. La seule préoccupation devient alors de se protéger, de prouver son innocence »

Jay Haley

Pourquoi réaliser un entretien familial à ce moment de la prise en charge ? Qu’en attend-on ? Le soignant gagne à être au clair avec ces questions et à exposer ses motivations dès le début de l’entretien : d’une part, c’est une manière de montrer que c’est lui qui dirige l’entretien ; d’autre part, cela rassure les proches sur les raisons de leur implication (le temps où les psychiatres parlaient de mère schizophrénogène et de père absent n’est pas si loin !).

Le plus souvent, cette introduction n’a pas besoin d’être très sophistiquée : « Merci d’être venus. C’était important pour moi de pouvoir faire le point avec vous qui partagez le quotidien de X pour mieux comprendre ce qu’il vit et ce que traverse actuellement votre famille. Je vous préviens : comme je suis un ?psy?, j’ai tendance à poser beaucoup de questions. En même temps mon but n’est pas de vous mettre mal à l’aise, alors si une question vous pose problème, vous avez bien sûr droit à un joker ! ».