L'entretien familial en psychiatrie - 17

Le piège des confidences

En fin d’entretien, tout le monde sort. La mère, qui s’était attardée pour mettre son manteau, vous rattrape sur le pas de la porte : « j’ai oublié de vous dire que… »

Entre deux entretiens, le frère vous appelle : « il ne faut surtout pas le dire, mais vous ne comprendrez rien à la situation si vous ne savez pas que… »

Cette situation n’est jamais confortable et l’élément de surprise joue d’emblée en la défaveur du professionnel (« non, je ne veux pas entendre… trop tard ! »).

Si l’on est suffisamment vif, l’idéal est d’interrompre aussitôt la personne : « je m’excuse mais si c’est quelque chose de vraiment important, il vaut mieux qu’on en parle devant tout le monde » (et d’ensuite tenir bon !).

Sinon, il faut essayer de négocier les conditions de partage du secret (cf. ci-dessus : « Que faire de ce que le patient nous a déjà dit ? »), ce qui parfois signifie négocier les conditions du piège dans lequel l’autre vient de nous placer !