De la "non-demande" au jeu des demandes - 5

Conclusion

A partir d’une situation clinique banale, celle d’une mère qui appelle pour sa fille adolescente, nous avons cherché à dégager ce que recouvre la notion de « non-demande » de l’adolescent.  En référence à Xavier Renders (1991), nous avons proposé de nommer jeu des demandes l’enchevêtrement complexe de demandes auquel doit faire face le soignant : demandes faites par le patient mais aussi par ses proches, chacune se doublant de demandes implicites plus ou moins conscientes, plus ou moins avouables, et pouvant s’adresser autant aux professionnels qu’aux autres protagonistes de la situation.

Ce jeu des demandes se déroule dans toutes les familles et, d’une manière plus générale, dans tous les groupes humains. La seule particularité des situations pour lesquelles nous sommes interpellés est justement qu’un ou plusieurs des protagonistes adressent une demande de soins à une équipe psychiatrique – habituellement, au moment où le jeu des demandes se rigidifie. Quelle réponse donner pour remettre en mouvement la dynamique relationnelle ? S’agit-il de favoriser, chez l’adolescent, l’émergence d’une demande de soins personnelle, ou d’aider ses proches, et notamment ses parents, à faire face à ses demandes ? Une même réponse peut-elle soutenir simultanément ces deux perspectives ?

A ce propos, on peut s’étonner que cette question de la réponse ne soit jamais abordée en tant que telle par les auteurs qui s’intéressent à celle de la demande de soins (nous compris, puisque nous ne faisons que l’évoquer ici). Faut-il comprendre que, comme on ne répond pas à ses parents, on ne répond pas à ses patients ?