De la "non-demande" au jeu des demandes - 1

Introduction

« "On ne répond pas à son père", vous connaissez la formule ? Dans un sens, elle est singulière. A qui répondrait-on en ce monde sinon à ce qu’on aime ? Dans un autre sens elle est convaincante. Il faut bien que quelqu’un ait le dernier mot. »

Camus (1956)

 

Nous sommes souvent confrontés, en psychiatrie de crise, à des demandes de consultations émanant de parents en difficulté avec leur adolescent. Dès l’appel téléphonique, ces demandes de type « je vous appelle pour mon fils / ma fille » nous interrogent sur la demande de l’adolescent lui-même et sur les moyens à mettre en œuvre pour lui permettre de s’exprimer.

Dans cet article, nous allons chercher à préciser ces questions à travers l’analyse d’un appel téléphonique, celui de la mère de Dalila. Cette analyse nous amènera à constater que le professionnel se trouve, dans la pratique, confronté à un jeu complexe de demandes et que, parmi celles-ci, toutes ne lui sont pas adressées.