Guérir de la schizophrénie ? - 3

Des données en faveur d’une « guérison »

Une étude publiée en 2007 par l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé), l’International Study of Schizophrenia, s'est attachée à montrer combien on pouvait sortir de la schizophrénie au travers de l'analyse transversale de plusieurs cohortes (également étudiées dans des rapports de l'OMS). Soit plus de 1000 patients atteints de troubles psychotiques graves (le diagnostic s'appuie sur la CIM 10), provenant de 17 sites géographiques différents.

Nous retiendrons de la présentation de cette étude que les personnes suivies sont passées par des expériences de soins psychiatriques, de souffrances et d'humiliations terribles avant de s'en sortir... ceci sur des périodes s'étalant de 10 à 26 ans.

Plus en détail :

1) Plus de 56% des personnes suivies présentent tout au plus une légère symptomatologie ;

2) Une majorité significative de personnes, environ 60 % (en regroupant différentes approches d’âges et de populations) ont un handicap résiduel parfois léger, très souvent inexistant ;

3) 17% des patients ont connu des épisodes de rechutes psychotiques durant les années qui précèdent la publication de l'étude ;

4) En ce qui concerne le mode de vie, il semble y avoir une écrasante majorité de patients qui vivent entourés : 86% avec des amis ou en famille; et 7% seuls ;

5) La reprise/poursuite d'activités tant domestiques que professionnelles est assez notable : environ 45 % ont maintenus une activité rémunérée et quelques 24% une activité domestique régulière ;

6) On en retient plus globalement que selon cette définition de la guérison : « pas de psychose durant les deux dernières années de leur suivi et pas de symptômes/ handicaps résiduels »; en moyenne 35% de ces patients peuvent donc être considérés comme guéris.

Ces résultats sont pleins d'espoir en comparaison des pronostics posés par les textes et opérés par les professionnels de la santé. Notre propos est celui de donner la liberté aux patients mais aussi aux personnes qui les accompagnent de penser la sortie de la maladie.