Alliance soignant-soigné dans un service d'urgence : la rencontre entre psychiatres et urgentistes somaticiens est-elle possible ? - 3

Cibler le problème

Je rappelle que c’est nous « les psy » qui voyons un problème dans la façon dont urgentiste et patient se rencontrent. Le premier enjeu est donc de faire prendre conscience qu’un problème existe.

Là encore j’ai utilisé une source neutre, soit le bilan de l’Académie Nationale de Médecine (Mantz et Wattel 2006).

Constat général

La communication des malades ou famille avec le personnel soignant se fait mal que cela soit à domicile, en consultation ou à l’hôpital. Nous pouvons donc supposer qu’elle se fait mal au service des urgences. Pas plus mal qu’ailleurs mais pas mieux non plus.

L’utilisation d’un constat général permet, je crois, d’éviter d’être dans une position culpabilisante envers les urgentistes.

Les causes

Hors de portée  (c'est-à-dire inchangeable) :

- personnalité de chacun (patient et soignant),

- asymétrie de la relation concernant un professionnel (soignant) et un amateur (soigné),

- évolution hypertechnique de la médecine.

Accessibles :

- défaut d’écoute, de parole, d’échanges,

- temps insuffisant consacré au malade,

- manque de formation à la relation.

Nous avons donc ciblé les problèmes auquel nous pouvons nous attaquer : la rencontre, l’alliance, la relation au malade.