L'alliance thérapeutique avec l'adolescent en crise - 3

Anna Freud : les difficultés à établir une alliance thérapeutique avec l’enfant

Si nous avons consacré une large attention aux conceptions d’Anna Freud, c’est que celle-ci introduit dès 1965 la notion d’alliance thérapeutique dans le champ de la pédopsychiatrie.

Revenons sur la phrase citée plus haut :

« La tâche des parents consiste à aider le moi de l’enfant à surmonter les résistances et les périodes de transfert négatif sans abandonner l’analyse. »

L’alliance thérapeutique doit-elle alors être tissée avec les parents et non avec l’enfant ? Il ne semble pas qu’Anna Freud ait explicitement répondu par l’affirmative à cette question.

En revanche, il est clair que celle-ci se montre plus que sceptique quant à la possibilité d’établir une alliance thérapeutique avec l’enfant. Elle passe ainsi en revue un certain nombre d’obstacles à l’analyse d’enfant, dont le premier est le suivant :

« L’enfant n’entre pas en analyse de sa propre volonté, il n’établit aucun contrat avec l’analyste et ne se sent donc lié par aucune des règles analytiques. » (p. 26)

Elle conclut alors en ces termes :

« Somme toute, l’analyste d’enfants est confronté pendant le traitement à de nombreuses situations difficiles, qui mettent à l’épreuve son savoir faire. Ce qu’il ressent avec le plus d’acuité, c’est que, durant de longues périodes au cours de l’analyse, il doit agir sans qu’une alliance thérapeutique ait pu être établie avec son patient. » (p. 28)

Nous voyons donc que si Anna Freud envisage la notion d’alliance thérapeutique, c’est pour souligner combien celle-ci se révèle, tout comme la souffrance et la demande, très inconstante chez l’enfant.