L'espace thérapeutique : entre jeu et responsabilité - 5

Conclusion

Arrivé au terme de notre parcours, nous pouvons constater que si la question de l’espace thérapeutique ne peut être éludée en psychiatrie, sa description demeure problématique. En nous appuyant sur les travaux de Winnicott autour de la notion d’espace transitionnel, nous avons tout d’abord envisagé la relation psychothérapeutique comme le chevauchement de deux aires de jeu, ce dernier terme devant être entendu dans le sens dynamique d’une activité créatrice dans laquelle l’individu s’engage dans sa globalité. Nous avons alors remarqué que la fonction du psychiatre consistait à réfléchir ce jeu afin que le patient puisse se surprendre lui-même, c’est-à-dire qu’il puisse découvrir l’expression de son propre visage au sens où l’entend Lévinas. La responsabilité du psychiatre réside alors dans son respect de l’altérité irréductible du patient, respect qui seul permet à la confiance et au jeu de s’instaurer.
Cette description de l’espace thérapeutique ainsi esquissée nécessite sans aucun doute de plus amples développements. Ceux-ci devront être complétés par la prise en compte de la responsabilité vécue par le patient, au travers même de sa maladie, envers ses proches, responsabilité qui étend les limites de l’espace thérapeutique bien au-delà de celles que nous avons prises en compte ici.