Traumatisme et famille - 9

Qu’est ce que la résilience ? Rebondir après un impact traumatique ?

La résilience est «le rapport de l’énergie cinétique absorbée nécessaire pour provoquer la rupture d’un métal à la surface de la section brisée. La résilience caractérise la résistance au choc» (Robert). Mais sur le plan étymologique, le mot vient du latin salire : sauter, bondir. En effet, le concept de résilience en psychologie n’est pas seulement résistance mais rebondissement : la résilience ne se réfère pas tant à un retour à un état antérieur, qu’à l’ouverture vers une nouvelle étape de vie qui intègre les conséquences de problèmes vécus antérieurement avec des stratégies variables selon les cas.

Si certains ont d’abord pensé que la résilience reposait uniquement sur des caractéristiques individuelles : la constitution génétique, les forces intra-psychiques spécifiques (en particulier en lien avec la qualité des attachements précoces), les capacités d’adaptation orientées vers l’action (Delage, 2001), il est maintenant admis que l’on ne peut pas être résilient sans être en relation : l’aide des autres est capitale. «Ceux qui s’en sortent après un traumatisme ne sont pas ceux qui ont été les moins agressés, ce sont ceux qui ont été les mieux soutenus» (Guedeney A. 1995 dans Delage stress et trauma 2001).

La résilience se développe selon deux axes :

- Un axe intra-psychique : la capacité de mise en représentation, de construction d’un imaginaire capable de gérer les sensations, les émotions, les états du corps suscités par le traumatisme. La capacité cognitive à traiter l’information et à s’organiser, planifier, fixer des objectifs, grâce à un contrôle suffisant des émotions. La capacité de mise en action des processus de pensée dans l’inventivité, la créativité, le jeu, le combat.

- Un axe relationnel, interactionnel : les capacités du monde interne propre à l’individu résilient ne peut se développer que grâce aux apports de l’environnement et aux tissages des liens individu-environnement (Cyrulnik, 1999).