Traumatisme et famille - 7

Qu’est-ce qu’un support psychosocial ?

De qui, de quoi parle-t-on ?

Les membres ou groupes concernés, dans la plupart des études évaluant le support psychosocial, sont ceux du réseau primaire du sujet : sa famille, et plus précisément le conjoint, les voisins, les amis proches, les collègues de travail, les clubs et les groupes religieux… La qualité des réseaux secondaires comme les organismes communautaires (associations de victimes) ou la qualité de l’intégration dans la collectivité sont moins souvent évaluées.

Une structure et/ou une fonction ?

Le support social semble pouvoir «agir» de deux manières différentes (qui ne sont pas incompatibles) : soit par  l’effet bénéfique global de la simple existence d’un réseau (il s’agirait alors d’un effet purement structurel), soit via la fonction de protection (effet «buffer» ou de tampon) lors de la confrontation à des évènements stressants (effet plus spécifique, en lien avec la fonctionnalité du réseau).

Les conceptions théoriques sous-jacentes sont les suivantes : un réseau social large (évalué par la quantité de ressources, d’interactions avec ces ressources) fait vivre au sujet plus d’expériences positives, de satisfaction et de récompense. Les interactions sociales régulières font vivre au sujet  que sa vie est prédictible et stable, la reconnaissance de sa propre valeur.

La confrontation au stress est à l’origine d’un sentiment de besoin d’aide et d’une perte d’estime de soi. Le support social (Cohen et Wills, 1985) peut alors contribuer à diminuer  la réponse au stress et à éviter l’évolution vers la pathologie grâce, grossièrement, à quatre fonctions : support émotionnel (expressivité émotionnelle, soutien de l’estime, revalorisation…), support informatif ou guidance cognitive (aider à définir, comprendre, faire face), support instrumental (aide financière, matérielle, services) et support «distractif» («changer les idées»…). Notons que pour ce dernier point, la «distraction» peut être aidante lorsqu’elle aide à sortir de la «victimisation» mais elle peut aussi accentuer la victimisation lorsqu’elle a pour seul objet : «empêcher le sujet de penser à l’évènement traumatique».