Traumatisme et famille - 6

Que nous dit la recherche empirique quantitative ?

Dans cette perspective épidémiologique, l’absence ou la carence en soutien psychosocial est le principal facteur de vulnérabilité de «l’après exposition traumatique» dans les deux méta-analyses de Brewin et al. (2000) et Ozer et al. (2003). Selon Brewin et al., c’est le facteur ayant le plus grand poids, tous facteurs (pré, péri et post-traumatiques) confondus. Ozer et al. observent que l’absence de support émotionnel (donner du sens, gestion de la détresse et de la souffrance en lien avec les intrusions, les cauchemars…) est la plus critique.

Par ailleurs, il semble que la significativité de la carence en support psychosocial s’accroît avec le temps : si dans la période précoce, il est un facteur majeur, il prend encore plus de poids dans les cas d’ESPT (Etat de Stress Post-Traumatique) chronicisé (Ozer et al., 2003).

Certains points ne sont pas très clairs dans la littérature et méritent d’être mieux évalués : Par faible support social, doit on entendre «manque d’interactions soutenantes» ou «présence d’interactions non soutenantes» ? Par ailleurs, l’évaluation du support psychosocial est le plus souvent une évaluation subjective demandée au sujet et bien plus rarement une évaluation basée sur une observation objective difficile à réaliser.

Quoi qu’il en soit, le rôle prépondérant du soutien psychosocial apporte du crédit à l’idée que travailler sur cet aspect pourrait être un axe important de la prévention secondaire.