Traumatisme et famille - 1

Introduction

L’intervenant en situation traumatique est convoqué, dans le fantasme de la famille, à la place de celui qui peut «réparer l’irréparable». L’invitation nous met d’emblée dans une situation potentiellement impossible. A nous de recadrer notre fonction comme celle de «repenser du possible dans ce qui paraît être impossible», avec discernement et circonspection, afin d’être le moins inutile possible.

En tant que CUMP (Cellule d’Urgence Médico-Psychologique), lorsque nous intervenons, il s’agit souvent de plusieurs familles impliquées dans un évènement dramatique, ou d’une même famille dont plusieurs membres sont victimes. La logique SAMU est de répartir les membres d’une même famille dans plusieurs hôpitaux s’ils sont victimes, afin de répartir la charge sur plusieurs lieux. La logique de soutien d’une famille en crise, serait de réunir, d’entourer ceux en difficulté de personnes «ressource». Nous pouvons alors, en tant que CUMP être courroie de transmission d’’une information précieuse : qui est hospitalisé, où et pourquoi ?

Dans les Yvelines, nous sommes une équipe composée d’une psychologue et d’un psychiatre de  formations distinctes et complémentaires. Christine Ehly est psychologue et travaille à mi-temps dans une consultation spécialisée sur le psychotrauma, sa pratique est individuelle. Laure Zeltner est psychiatre, thérapeute familiale et travaille sur ERIC (Equipe Rapide d’Intervention de Crise), une unité de crise, qui propose des alternatives à l’hospitalisation, avec un travail d’inspiration systémique.

Notre pratique nous a amené à réfléchir à la question du traumatisme et de ses répercussions sur la famille, notamment dans le rapport au temps (Ehly et Zeltner, 2009).

Nous excluons d’emblée les traumatismes répétés et les traumatismes intra-familiaux qui ont des spécificités dans la clinique et la prise en charge.